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Lunettes de soleil pour homme : quelles marques valent vraiment l'investissement ?

Le mensuel britannique Gentleman's Journal vient de publier son classement des marques de lunettes de soleil « incontournables » pour homme.

Lunettes de soleil pour homme : quelles marques valent vraiment l'investissement ?

L'occasion, sur mon établi, de passer en revue ce que ces maisons proposent vraiment — au-delà des célébrités qui les portent et du storytelling bien huilé qui les accompagne.

Les maisons qui méritent qu'on les regarde de près

L.G.R., d'abord: fabrication main en Italie, acétate Mazzucchelli, verres minéraux Barberini. La maison a été fondée en 2007 par Luca Gnecchi Ruscone, qui a repris le flambeau de son grand-père Raffaello Bini — opticien installé entre 1930 et 1970. Quand je dévisse les tenons d'une L.G.R., je retrouve cette rigueur: pas de jeu, des tenons qui s'emboîtent proprement dans les charnières. C'est du solide, pas du marketing.

Moscot, fondée en 1915 par Hyman Moscot dans le Lower East Side new-yorkais, reste une affaire de famille: Harvey Moscot à la direction, son fils Zack à la création. Quatre générations plus tard, l'ADN d'opticien se sent dans chaque monture. Le piège, c'est que ces modèles vintage, une fois posés sur un nez fin, glissent. Il faut souvent faire poser des plaquettes sur mesure — ce que la maison ne propose pas systématiquement.

Cutler and Gross, née en 1969 à Londres, fabrique en Italie et au Japon. Les montures ont du caractère, mais les branches manquent parfois d'angle: la lunette tire vers l'arrière de l'oreille après quelques heures de port.

Les promesses qu'il faut relativiser

Jacques Marie Mage, créée en 2014 par Jérôme Mage, mise sur le fait main japonais et italien. L'acétate est superbe, les finitions impeccables, mais le tarif est celui d'une pièce de collection. Avant d'investir, il faut essayer: certaines formes sont taillées pour des visages anguleux et ne pardonnent rien aux nez plus larges.

Cubitts, plus récente (2013, King's Cross), joue la carte de la transparence. Son fondateur Tom Broughton a expliqué vouloir pratiquer des prix justes et accompagner ses clients sur la durée, pas seulement le temps d'un examen de vue. Belle posture, mais à vérifier sur le terrain — les promesses des jeunes marques s'oublient vite dès que la communication s'essouffle.

Ce qui compte vraiment au moment d'acheter

Une belle marque ne fait pas une bonne paire. Le test est simple sur l'établi: posez la monture sur votre nez, penchez-vous en avant. Si elle glisse, ce n'est pas la bonne. Vérifiez l'angle des branches — il doit suivre la courbure de votre crâne sans serrer. Passez le doigt sur les tenons: aucun jeu ne doit subsister. Et méfiez-vous des plaquettes d'origine, souvent trop rigides: un rhabillage chez votre opticien change tout.

Pendant ce temps, Samsung Display plancherait sur des micro-écrans OLEDoS et LEDoS destinés à des montures classiques, pour intégrer notifications et itinéraires directement dans le verre. La promesse est tentante, mais glisser un système électronique dans une monture acétate, c'est prendre le risque de ruiner le confort de port. On jugera sur pièce quand les premiers prototypes arriveront en boutique.